La chambre verte, travail en cours (2018)

Installation, techniques mixtes sur papier intissé, mousse végétale, galets, vidéo (durée 6 minutes)

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Le texte de  France Mongeau constitue le véritable point de départ de ce projet. Dans ce long texte poétique et sensuel, elle évoque la chambre amoureuse comme lieu ouvert sur la nature environnante. Ce va et vient constant que fait l’auteure, entre lieu fermé et lieu ouvert, dedans et dehors, fut le point de départ de ma réflexion. Comment certains lieux de nature, par essence en plein air, peuvent être considérés comme des lieux clos et sont parfois comparés à des constructions humaines : cathédrale, chambre, chapelle, pièce, cabane, etc. ? De cette interrogation en découlèrent les suivantes : Comment faire coexister le dedans et le dehors ? Quel type d’intimité entretenons-nous avec un lieu de nature qui nous est devenu familier ?

Le dispositif de l’installation ‘La chambre verte’ met en scène  ces interrogations. Situé dans une pièce aveugle, les parois ont été recouvertes de papier intissé (lés de 1m de large par 2m 50 de haut), qui a été préalablement peint en suivant un dégradé de tonalités bleu-vert-jaune. Jouant de l’indétermination des lés, la peinture sur papier figure autant la chambre amoureuse à laquelle le texte fait référence, que l’atmosphère végétale au sein de laquelle la chambre semble incorporée. Des dessins au crayon rehaussent les parois de la chambre d’entrelacs végétaux. La couleur se transmute en fraicheur. Le sol est entièrement recouvert de mousse végétale et de galets. Sur un pan situé en angle est projetée une vidéo, reprenant des reflets végétaux sur l’étang, accompagnée d’une lecture délicate du texte. L’image apparaît sur le mur blanc et sur l’angle contigu, recouvert de papier peint. Le mur de la chambre s’anime, les ombres passent, changent se déplacent. Les sens sont tous mobilisés. L’humide douceur de la mousse, la fraicheur des tons, la vigilance du regard et la douceur sonore en font une expérience sensorielle totale. Le spectateur est dans, autant qu’il devient, la chambre verte. Au-dehors, au-dedans, les frontières sont abolies, le lieu clos devient ouvert et intime tout à la fois, comme un prolongement du vivant.

montage vidéo, Fanny Martinez ; mise en voix du texte, Elisabeth Von Buxhoeveden