Lieu d’herbes (2018)

dessin sur papier réalisé au papier carbone, rehauts crayon graphite et couleurs (30 X 40 cm / 30 X 30 cm)

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Quel que soit le médium employé, mon travail est à considérer comme un instantané au sens photographique du terme ; une superposition d’instants révélés, qui sont constitués à la fois d’instantanés de la mémoire et d’instantanés du réel. Je mets alors en œuvre un processus dans lequel il s’agit de faire trace : ressentir ce qui a été et faire surgir ce qui n’est plus. Empreintes, traits, lignes et graphies se matérialisent pour devenir motifs qui se répètent, se poursuivent, s’emboitent, font lien et sens en se nourrissant du précédent. Chaque intervention entre en résonnance, se fait écho et strate dans le même temps. Archive intime et révélation tout à la fois de ce qui fut.

Pleins, vides, radicalité du geste, radicalité du trait, parvenir au presque rien. Pousser le trait dans son abstraction et ne garder que la ligne, le motif au sens musical du terme. Etre dans le geste racine.

La ligne tissée quant à elle, procède d’un geste du dessin qui s’apparenterait à celui de la broderie. La ligne devient fil dans un aller-retour entre ce qui est au-dessus et ce qui est au-dessous. Le geste n’est jamais suspendu, la trame du dessin s’incarne dans cet enchevêtrements de traits comme pour constituer une étoffe précieuse.